Mannequin/Photographe: Harmonie! Conseils pour un shooting réussi...

October 19, 2016

 

Quelques règles de base:

 

1/ Vous n'êtes pas beaux, vous êtes uniques!

 

C'est La règle primordiale pour débuter dans ce métier.

Au cours de ma longue carrière, j'ai pu croiser toutes sortes de modèles, vraiment toutes, et le constat c'est que ce ne sont pas les plus beaux qui dégagent le plus sur pellicule.

Le charisme me direz vous, le fameux petit truc en plus qui fait les stars ou détruit les espoirs...

Pour ma part, je définirais ce "truc" par quelque chose de beaucoup plus parlant: LA GENEROSITE.

Dans ce métier, il faut donner, pour donner il faut être rempli de ce quelque chose qui va illuminer l'image, le regard... Finalement c'est de l'amour, pour soi, pour les autres...

La beauté proverbiale des femmes enceintes qui portent l'Amour, le rayonnement des amoureux et leur regards brillants...

Je demande souvent à mes modèles de penser à un moment heureux, un souvenir de tendresse, de partage complice... Et le regard s'allume, les traits se décrispent et offrent des sourires spontanés...naturellement!

Pour faire vibrer l'image, il faut vibrer intérieurement! Il ne s'agit pas de jouer un rôle, d'essayer de ressembler à quelqu'un d'autre mais bien de faire ressortir ce qu'il y a de meilleur en vous...

Le paradoxe c'est que souvent les mannequins sont des personnes qui manquent de confiance en elles, à travers les shootings photos on apprend à s'aimer, à se départir de tous les masques sociaux et les rôles que l'on joue chaque jour dans sa routine...Pour se tourner vers sa propre vérité: qui suis je si je m'affranchis de ce que les autres voient en moi habituellement ( ou que je leur laisse voir...).

Ainsi, afin de pouvoir se dégager de tous ces masques de convention, la relation avec le photographe est extrêmement importante.

 

2/ Le photographe, ce "voyeur patenté"!

 

Être photographe c'est s’intéresser et capter ce que les autres ne voient pas: l'intimité.

Bien sûr je n'évoque pas l'intimité au sens du langage courant, mais quelque chose de bien plus profond, ce quelque chose de si enfoui que nous en ignorons l'existence au creux de notre personnalité et pourtant c'est cette essence là qui nous définit le mieux dans ce que nous sommes réellement.

On en a souvent peur puisque c'est bien elle que nous cachons aux regards et dans nos relations aux autres.

Lâcher la bride pourrait s'avérer inadapté ou même dangereux parfois...Mais pas là!

Pas dans cette relation avec le photographe. C'est un élan d'abandon de soi, de son carcan social: on pose le sac à terre et à partir de là on peut marcher vers la lumière...

En plus ce sentiment fait déjà son petit effet: soulagement, libération, acceptation et euphorie même parfois!...

Un jeu de la vérité s'engage, timide au début et peu à peu les vibrations se rencontrent, la confiance s'installe et les images apparaissent.

C'est pourquoi il est si important pour un photographe de savoir se mettre au diapason de son modèle, en effet, l’œil du photographe ne doit saisir que les instants magiques qu'on lui offre sans intercéder dans la métamorphose qui naît en son modèle et dont personne ne connait la limite!

Selon les personnes, ce jeu peut durer de 10 minutes à plusieurs heures, on ne peut pas le savoir à l'avance... Il faut une certaine dose de courage pour s'abandonner comme ça...De l'habitude aussi.

 

3/ L’Expérience!

 

Avec les séances, la confiance, le plaisir et l'autodérision s'affirment. Les moments de grâce s'allongent, les instants de vérité deviennent des séries. Et on le sent!

C'est d'ailleurs souvent là que la première carte (SD) est pleine à la plus grande frustration du photographe qui, croyez moi, à cet instant souhaite de tout son cœur que la minute qu'il va passer à changer de carte ne suffira pas à rompre le charme! Car sur un shooting, il ne faut pas de temps mort.

Le chemin psychologique que le modèle arpente peut être la cible d'embuscade de l'autoflagellation: les pensées parasites de jugement sur soi sont promptes à apparaitre dans ces moments où l'on est désarmé. Elles sont récurrentes, souvent les mêmes pour tout le monde:

"Mais qu'est ce que je fais là...

Ce n'est pas ma place..

Je suis ridicule...

Pourvu qu'on ne voie pas trop ma cellulite, mon bouton, ma cicatrice, mes rides etc..."

Toutes ces pensées bien présentes au 1er shooting, perdent de leur intensité et de leur pouvoir au cours des séances suivantes car après la première, on voit le résultat, et avec la surprise on apprend à se voir différemment et à s'apprécier dans un nouveau rôle que l'on ne joue même pas!

C'est pourquoi je n'hésite pas lorsque je travaille avec des débutants à leur montrer au fur et à mesure que le shooting se déroule et que la confiance s'installe, les progrès de l'image directement sur mon appareil...

 

A SUIVRE!

 

 

 

 

 

 

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